Un jeune alternant et sa tutrice relisent un contrat et un carnet de formation dans un bureau lumineux.

Alternance : comprendre la période d’essai avant de s’engager

L’alternance comme tremplin vers demain

27/10/2026

Une période d’essai différente selon le contrat d’alternance

La période d’essai permet à l’entreprise et à l’alternant de vérifier que la relation de travail correspond à leurs attentes. Les règles ne sont toutefois pas les mêmes selon que l’alternance repose sur un contrat d’apprentissage ou un contrat de professionnalisation.

Le contrat doit être écrit et les conditions applicables doivent être clairement identifiables. Pour vérifier les règles officielles, il est possible de consulter les fiches du service-public.fr sur le contrat d’apprentissage et du contrat de professionnalisation.

Contrat d’apprentissage : 45 jours en entreprise

En apprentissage, la période probatoire correspond aux 45 premiers jours, consécutifs ou non, passés en entreprise. Seuls les jours durant lesquels l’apprenti est effectivement présent dans l’entreprise sont pris en compte. Les journées passées au CFA ne sont donc pas décomptées comme des jours en entreprise.

Pendant cette période, l’apprenti comme l’employeur peuvent mettre fin au contrat sans avoir à justifier leur décision et sans respecter de préavis. La rupture doit néanmoins être établie par écrit et notifiée à l’autre partie. L’employeur doit également transmettre l’information aux organismes concernés, notamment au CFA et à l’opérateur de compétences lorsque cela est nécessaire.

La rupture pendant ces 45 jours n’efface pas les droits déjà acquis : le salaire correspondant au travail réalisé doit être payé et les règles habituelles liées au temps de travail, à la santé et à la sécurité restent applicables.

Après les 45 jours : une rupture beaucoup plus encadrée

Une fois les 45 jours en entreprise écoulés, l’employeur ne peut plus rompre librement le contrat d’apprentissage. Plusieurs solutions restent possibles :
  • une rupture d’un commun accord, formalisée par écrit ;
  • une démission de l’apprenti, après avoir saisi le médiateur de l’apprentissage et respecté la procédure prévue ;
  • un licenciement par l’employeur, dans certains cas encadrés, comme la faute grave, l’inaptitude, la force majeure ou l’exclusion définitive du CFA.
Pour démissionner, l’apprenti doit notamment saisir le médiateur, puis informer son employeur. Le calendrier légal prévoit un délai minimal entre la saisine du médiateur, l’information de l’employeur et la fin effective du contrat. Il est donc déconseillé de cesser de venir travailler sans démarche formelle.

En cas de rupture, le CFA peut accompagner l’ancien apprenti dans la recherche d’un nouvel employeur. Dans certaines conditions, la formation peut être poursuivie temporairement au CFA afin d’éviter une interruption immédiate du parcours.

Contrat de professionnalisation : les règles classiques de la période d’essai

Le contrat de professionnalisation peut être conclu en CDD ou en CDI. La période d’essai dépend donc de la forme du contrat et des règles générales applicables.

Pour un CDD, sa durée maximale est généralement de :
  • deux semaines lorsque le contrat ne dépasse pas six mois ;
  • un mois lorsque le contrat est conclu pour plus de six mois.
Pour un CDI, la durée initiale maximale est en principe de deux mois pour un employé, trois mois pour un technicien ou un agent de maîtrise et quatre mois pour un cadre. Un renouvellement n’est possible que si la loi, la convention collective et le contrat le permettent. La durée totale ne peut alors pas dépasser les plafonds légaux.

La rupture doit respecter les délais de prévenance applicables. Par exemple, un salarié qui met fin à sa période d’essai doit prévenir l’employeur 24 heures à l’avance s’il est présent depuis moins de huit jours, puis 48 heures au-delà. Pour l’employeur, le délai varie selon la durée de présence et peut atteindre un mois lorsque le salarié est présent depuis au moins trois mois.

Les droits de l’alternant pendant la période d’essai

La période d’essai ne place pas l’alternant dans une situation juridique inférieure. Dès le début du contrat, il bénéficie notamment :
  • d’un salaire conforme au minimum légal ou conventionnel applicable ;
  • de la protection sociale et de l’affiliation au régime général ;
  • des règles relatives à la durée du travail, aux repos et aux congés ;
  • des mêmes règles de santé et de sécurité que les autres salariés ;
  • de la prise en compte de son temps de formation dans l’organisation du contrat.
L’employeur ne peut pas utiliser la période d’essai pour contourner les règles relatives au salaire, aux horaires ou à la sécurité. Une rupture fondée sur un motif discriminatoire, une situation de harcèlement ou l’exercice d’un droit reste interdite.

Avant de signer, l’alternant a intérêt à vérifier le salaire indiqué, la convention collective, les horaires, l’adresse du lieu de travail, le rythme CFA-entreprise et les missions confiées. Ces éléments permettent de détecter rapidement un écart entre la formation préparée et le poste réellement proposé.

FAQ sur la période d’essai en alternance

La période d’essai d’un apprenti dure-t-elle toujours 45 jours ?
La règle porte sur les 45 premiers jours effectivement passés en entreprise, consécutifs ou non. Les jours de formation au CFA ne sont pas décomptés comme des jours en entreprise.

L’apprenti doit-il donner un préavis pendant les 45 jours ?
Non. La rupture pendant cette période peut intervenir sans préavis, mais il est essentiel de la notifier par écrit et de conserver une preuve de l’envoi.

Peut-on rompre une alternance après la période d’essai ?
Oui, mais les modalités dépendent du contrat. En apprentissage, une rupture amiable, une démission suivant la procédure légale ou un licenciement dans les cas prévus sont notamment possibles. En professionnalisation, il faut appliquer les règles du CDD ou du CDI et les conditions prévues par la loi.

Que faire si les missions ne correspondent pas à la formation ?
L’alternant doit d’abord alerter son tuteur, son établissement de formation ou son CFA. Il peut demander une clarification écrite des missions et solliciter les organismes compétents avant d’envisager une rupture. Cette démarche permet de rechercher une solution ou un nouvel employeur sans compromettre inutilement la formation.

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